Partager l'article ! TESTES LEURRES SEBILE: Cet article est en gestation depuis très longtemps, j’ai testé ces leurres sur une pér ...
Cet article est en gestation depuis très longtemps, j’ai testé ces leurres sur une période de 10 mois. Ce que je n’avais pas anticipé par contre c’est que Sébile serait acheté par Pure Fishing au début de cette année 2011 !
Au printemps dernier j’ai voulu me pencher de plus prés sur les leurres Sébile. Appelez ça du patriotisme si vous voulez mais pour une fois qu’une marque française tiens le haut du pavé je ne vais pas bouder mon plaisir. Mais ce n’est pas la seul raison, je trouve que les leurres Sébile ont une fraicheur incroyable. On aime ou on n’aime pas mais on ne peut pas enlever le coté très innovant de cette marque. Patrick sébile nous a prouvé qu’il avait la capacité du « think outside the box » (sortir des sentiers battus).
Mais voilà, innovation ou gadget ? La ligne entre les deux est très fine et il est facile de tomber du mauvais coté. Bien qu’en France nous avons été assez bien protégés, outre-Atlantique les pubs télés pour l’appât magique sont légion : Banjo Minnow, Walking worm, Sonic bait etc.. qui proposent toujours le leurre universel qui garanti un poisson à chaque lancé. On peut généralement reconnaître ces arnaques avec l’autocollant « vu à la télé » (as seen on TV) collé dessus.
Comment fait Patrick pour ne pas tomber dans ce travers ? Et les leurres Sébile sont-ils vraiment innovant et efficace ou bien est-ce juste de la poudre aux yeux ? Pour le savoir j’ai choisis plusieurs leurres que j’ai testés rigoureusement pendant les derniers mois. Vous allez voir, y a du bon, du très bon et du moins bon. Certains des leurres vont passer dans ma boite de tout les jours et monteront en première ligne sur le front, les autres resteront en réserve à la maison, dans la boite « au cas où » ! Alors, qui ira à la pêche ?
LE leurre qui a propulsé Sébile sur le devant de la scène est à coup sur le fameux Magic Swimmer. En fait maintenant il faudrait plutôt employer le pluriel tant la gamme de tailles et de densités est importante. Curieusement le model original à toujours eu quelques difficultés à trouver sa place dans mon arsenal. Plutôt que de m’entêter j’ai décidé de me concentrer sur deux nouveaux modèles : le Fast Sinking (FSK) et le flottant (F) en opposition avec le model original qui est juste le Sinking (SK) !!
Le FSK porte bien son nom, il descend tout droit vers le fond en ondulant assez légèrement sur un fil en tension. Même dans plus de 5m de fond en pleine Seine je sens le contact franc avec le fond. J’ai pu l’animé exactement comme un leurre souple en prenant fréquemment contacte avec le fond. Bien sur avec un tel poids l’action n’est pas aussi ample que le model original. Mais on sent néanmoins très bien les pulsations du leurre et on peut si nécessaire le pomper énergiquement. Les swimmbaits qui coulent vite ne sont pas si courant sur le marché et en avoir dans la boite augmente nettement le champ d’action des swimbaits. Je n’ai pas eu énormément d’occasion de m’en servir, je ne pêche pas aussi profond souvent. J’ai quand même pris quelques petits silures ce qui me laisse penser que les brochets des grands lacs devraient apprécier. Je l’ai donc adopté pour ma boite « front line » !
J’ai ensuite essayé le model flottant. Je tiens à la dire tout de suite, ce model à été arrêté et est donc à présent introuvable. J’en comprends les raisons même si le regrette un peu ! Le problème c’est qu’il se lance assez mal, et que du coup il bouge assez peu. Innovant : l’hameçon de queue a été remplacé par un plumeau sans le moindre hameçon ! Il fallait y penser. Le triple ventral a été remplacé par un double. Le résultat est un leurre vraiment weedless. Mais assez bien fishless aussi ! Autant le système est astucieux pour un leurre nageant en pleine eau, je vais y revenir plus loin, autant dans la surface ce n’est pas aussi bon. Je pense aussi que ce plumeau freine le lancé et l’action dans l’eau. Je reste donc un peu sur ma faim mais je ne jetterais pas le bébé avec l’eau du bain. Déjà certains coloris sont rien de moins que phénoménales. Même parmi les grandes marques japonaises je n’ai jamais rien vu de semblable. Ensuite le problème de lancé peut être résolu tout simplement avec une canne spinning. Quand à l’action, ce n’est surement un leurre polyvalent mais il est possible d’imiter une ablette moribonde en surface avec un réalisme saisissant.
Le leurre laisse un sillage en surface en S très naturel. C’est plus à considérer comme une alternative à un jerkbait souple type Zoom Super Fluke. Quand au problème d’hameçon il suffit de remettre un triple sous le ventre et les problèmes devraient disparaître. Le Swimmer flottant ne trouve donc pas sa place dans mes boites qui vont souvent à la pêche, mais il est un complément idéal pour un buzzbait. En cas de raté, je lance vite sur la même zone le Swimmer flottant et cela me permet d’avoir une deuxième chance !
A propos de Buzzbait, c’est le moment d’aborder le Proppler Buzzbait. Dés que j’ai vu ce leurre j’ai eu très envi de le tester. Ceux qui me connaissent savent bien que la pêche aux buzzbait est ma spécialité ! J’aime employer les buzzbaits aussi lentement que possible, à la limite du décroché. Donc un buzzbait flottant est tout indiqué pour moi. Avec son corps flottant surdimensionné, le Proppler se lance très bien. Pour un buzz c’est assez rare ! Malheureusement les avantages s’arrêtent là. Alors ok, je n’ai pas fait des heures et des heures de teste. J’ai donné une fois une vraie chance dans des conditions excellente pour le buzzbait. La confiance n’est jamais venue. Peut-être quelque chose m’échappe. J’ai eu l’occasion d’en parler avec Franck Rosmann qui lui à parcouru le chemin inverse. Peu enthousiaste au départ, il a su trouver un usage et il m’a dit avoir pris pas mal de poisson avec ! Tout n’est donc pas perdu, je lui donnerais une deuxiéme chance. Mais enfin, le cœur n’y est pas. Récupéré lentement, l’hélice tourne à peine, a grande vitesse le leurre plonge juste sous la surface !!
Il a donc principalement deux atouts : il se lance très loin et il peut être arrêté pour faire une pause, au-delà de ça je ne vois pas vraiment l’avantage.
J’ai ensuite essayé le Flatt Shad 96 SK. Je me suis dit : « voilà enfin un leurre sur lequel Sébile a rien trouvé à modifier ». Bien sur la finition est Sébilesque mais on retrouve le corps en forme de losange conventionnel. Ha l’erreur ! Contrairement aux vibrations rapides et serrées de tout les lipless, je me suis trouvé face à un leurre à la nage lente et ample, en fait plutôt similaire à un crankbait conventionnel. Le model sinking ne coule pas si vite. Il est idéal pour ratisser efficacement des profondeurs entre 1m et 2m50 environ. Il est bien sur possible de pêcher plus profond mais cela demande un effort conscient pour le laisser descendre. Bien sur c’est fonction de la vitesse de récupération mais le leurre n’a pas trop tendance à remonter. On peut donc suivre le fond assez facilement. Le flat shad pulse très bien et on ressent parfaitement les vibrations dans la canne. Comme tout les lipless il se lance aussi très bien. Je m’en suis servi avec ma canne swimmbait POWELL et c’est comfortable à employer. J’ai pris avec surtout des sandres, brochets et des silures et mais je suis certain que dans les bonnes conditions les bass se laisseront tenter. Ce leurre trouve parfaitement sa place dans ma boite d’élite puisque étant ni plus ni moins qu’un crankbait coulant il me permet de pêcher efficacement toute sorte de situations sans avoir à changer de leurre. Il a l’avantage également de couler en position bien verticale avec un wobbling léger, ce qui le rend prenant à la descente et évite que le fil se prenne dans l’hameçon, probléme récurrent avec les lipless.
A noter enfin que ce leurre à permis une sortie mémorable à mon ami Irie lors d’une sortie l’hiver dernier, récit plus complet de la journée sur son blog.
J’ai également testé le model snagless sinking. Ce leurre reprend le concept hameçon double sous le ventre et plumeau désarmé en queue comme sur le magic swimmer F.
Mais cette fois la combinaison marche au poil. Je n’ai pas eu tellement de ratés et leurre est totalement snagless. Il passe dans les herbes et dans les branches impeccable. Les pulsations du leurre expose en quelque sorte les pointes de l’hameçon double et pour peu qu’on retarde le ferrage d’une fraction de seconde et les poissons sont bien agrafés ! Le leurre coule très lentement, en fait juste par le poids de l’hameçon et reste vertical quand il rejoint le fond. Mais il ne le rejoint pas très souvent ! Il remonte également nettement plus vite que le model standard. Le flat shad suspending n’est donc pas aussi polyvalent que le model coulant mais il peut par exemple remplacer parfois avantageusement une spinnerbait dans des secteurs assez encombrés.
J’ai bien évidemment testé le Soft magic Swimmer dans les deux tailles. Bien sur c’est le plus gros des deux que je préfère mais le petit marche juste aussi bien. On a déjà beaucoup parlé de ce leurre sur internet et je ne vais pas rentrer dans tous les détails. On le compare souvent avec le Lake Fork Magic shad mais je préfére le voir comme un jerkbait avec en plus une action nageante. Il possède une plus large gamme d’action possible et permet d’être véritablement animé par le pêcheur. Son autre atout est la finition et les coloris des leurres absolument sans équivalent parmi les leurres souples. La seul chose qu’on pourrait lui reprocher et sans doute la raison pour laquelle il rebute un peu les débutants c’est qu’il ne résiste pas beaucoup à la traction donc on ne le sent que très peu travailler. Pour ceux que ça pourrait gêner je leur conseil de le monter sur un ensemble équipé de tresse. Le système de lestage à base de plomb semi-mou est très astucieux mais demande un peu d’attention au moment de les mettre sur l’hameçon sans les casser. En tournant le leste comme pour le visser on arrive à limiter nettement le risque. L’hameçon a aussi tendance à sortir un peu facilement du dos du leurre, c’est un point à surveiller. Mais du coup l’hameçon se dégage aussi très facilement du leurre en cas d’attaque et il n’est pas nécessaire de ferrer comme un âne. C’est un leurre très complet qui est maintenant bien installé dans mon stock principal de leurre souple.
Beaucoup moins glamour que tous ces leurres je me suis aussi intéressé au spin shad. Le concept n’est pas exactement nouveau puisque le Mann’s Little George date des années 60 et fonctionne sur le même principe.
Mais Sébile ne s’est pas contenté de le copier sans apporter une grosse dose de modernité. D’abord l’idée de mettre un triple sur le même anneau brisé que la palette parait contraire aux règles les plus élémentaires de la conception d’un leurre. Forcément on pense que le triple va gêner la rotation. Je dois dire que j’avais déjà sorti la pince à anneau brisée avant de faire le 1er lancé ! Et puis je me suis dit que par équité je devrais quand même tester le leurre tel que vendu dans l’emballage. Et a ma grande surprise j’ai réalisé que la palette tourne impeccable. Et même mieux que ça puisque je ne ressens que très peu la vibration dans la canne. Juste assez pour savoir que le leurre fonctionne mais pas plus. Est-ce du à la forme inhabituel de la palette ? Est-ce que le triple contrebalance la palette et évite ainsi des vibrations parasites ? Est-ce que les vibrations du corps amortissent celles de la palette ? Je ne saurais pas dire, mais ces faibles vibrations dans la canne alors que la palette tourne parfaitement me laisse perplexe. On a tous conduit une voiture avec une mauvaise direction : le volant vibre. Avec une bonne direction, le volant ne vibre pas mais les roues tournent tout de même. Ca pourrait être la même chose avec un leurre. Les vibrations ressenties pourraient être simplement des vibrations parasites. On est habitué à ressentir les vibrations des crankbaits et spinnerbaits dans la canne, ça nous donne confiance que le leurre tourne ou nage normalement, mais n’est-ce pas évitable ?
En tout cas, ça semble être possible avec le spin shad. C’est un bon leurre pour pêcher en hiver par exemple, pour aller chercher des poissons en profondeur. Bien sur ce n’est pas un leurre polyvalent au sens large mais il fait super bien son boulot. Et avec le triple en queue les ratés sont pour ainsi dire inexistants. Un peu déconcertant au début je reste sur des bons souvenirs avec ce leurre.
Bien qu’on puisse trouver dans la gamme quelques gadgets, les leurres Sébile sont à mon avis des acteurs très solides sur le marché. Bien fini, bien armé, ils sont au pire une bonne modernisation de concepts existants et au mieux des vraies innovations qui offrent de vrais outils aux pêcheurs.
Note : Je ne suis sous aucune forme que ce soit en relation avec la société Sébile, les testes que je vous propose reflète mon opinion de façon aussi impartiale que possible. Mes observations ne sont biaisés que par une certaine sympathie pour la marque sans du tout connaître les personnes.